Autres Dimensions

Sois qui tu es

BIDI - 1

3 juin 2012

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Question : Comment lâcher l'attente et la recherche de l'Absolu ?
Il a été dit que l'Absolu ne peut être cherché car, comment chercher ce que tu Es déjà ? Toute recherche, tout supposé chemin, pratiqué ou recherché, toute recherche dans un passé, dans quoi que soit d'autre que ce je suis, ici et maintenant, ne peut que t'éloigner de l'Absolu. L'Absolu ne peut être connu. Il fait partie de l'inconnu. Donc, il te faut réfuter tout ce qui est connu. Passe ton temps, non pas à chercher l'Absolu (tu ne le peux) mais passe ton temps à réfuter ce qui t'est connu. À un moment donné (et ce moment donné est très proche parce que ce que je propose est très simple) le cerveau, la personnalité, l'ego, et même l'individualité, ne peut tenir, au-delà d'un certain temps, par rapport à la réfutation.

Le sens du je apparaît avant trois ans. C'est le moment où apparaît la distance entre le sujet et l'objet. C'est le moment où la Conscience prend conscience d'elle-même et se distancie par rapport à tout ce qui peut être senti, ressenti, vu, perçu, établissant, en quelque sorte, une limite et une barrière entre toi et le monde. C'est cette distance et cette barrière qui créent la personne, qui créent l'individu. Si tu acceptes cela, il suffit simplement d'accepter qu'il n'y a rien à chercher, rien à rechercher, rien à attendre mais, simplement, poser un regard lucide sur tout ce qui est éphémère. Tu Étais, avant d'être dans ce corps. Tu Étais, avant que le monde existe. Et tu Seras, une fois que le monde aura disparu. Mais que Seras-tu ? Ce n'est pas une projection dans le futur, encore moins dans le passé, mais bien l'établissement de la Conscience au-delà de la Conscience. La Conscience est expérience : elle se nourrit de l'expérimentation. Jusqu'à un certain point, tu crois être celui ou celle qui expérimente. Tu t'identifies à la scène, tu t'identifies au théâtre, tu penses qu'il y a un chemin et tu le parcours parce que tu le crées. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la pensée est créatrice. Mais d'où vient la pensée ? Est-ce qu'elle était préalable à l'existence de ce sac de nourriture ? En as-tu le souvenir ? Que se passe-t-il quand tu médites ? Que se passe-t-il lors d'expériences mystiques ? Même la plus invraisemblable, la plus extraordinaire. Eh bien, c'est simple : il y a toujours quelque chose qui regarde. Et ce quelque chose qui regarde n'est pas affecté par l'expérience, ni par la Conscience elle-même. Celui qui observe n'est pas une personne, n'est pas toi, dans le sens d'une individualité mais est bien plus vaste et bien plus illimité que ce que tu pourrais imaginer, concevoir ou penser. Dès l'instant où tu observes tes propres pensées, la façon dont elles naissent (c'est le principe même de la méditation) tu vas pouvoir, dans un premier temps, sortir de la linéarité. Non pas pour échapper à quoi que ce soit ou à qui que ce soit, parce que je te rappelle que l'Absolu englobe aussi l'Illusion. Tout ce qui est éphémère est illusoire. Ce qui est permanent est infini et indéfini. Observe le fini. L'Absolu observe l'éphémère. L'éphémère est contenu dans l'Absolu. Rien ne peut être en dehors de l'Absolu.

Le problème, c'est que la Conscience se place toujours dans un relatif, dans quelque chose de limité, de fragmenté, où il y a le sens d'une possession, où il y a le sens d'une attribution, d'un rôle, d'une fonction, d'une appartenance à quoi que ce soit. Que cela soit le corps, que cela soit la famille, que cela soit un objet ou même, pour ceux qui réalisent le Soi, le sentiment d'être la Terre entière et les Consciences qui y sont contenues. Cela n'est pas l'Absolu mais est contenu dans l'Absolu. Or, tu es Absolu. Rien de limité ne peut être ce que tu Es. Il y a donc d'abord, dans une forme de logique, à établir un « je suis » parce que le Soi ne peut se bâtir et se construire qu'en opposition ou en confrontation au non Soi. Il en est de même pour le je qui se construit et s'élabore dès trois ans, à partir du non je : c'est la distance sujet / objet. L'Absolu te dit : « tu n'es ni le sujet ni l'objet. Tu n'es même pas la relation entre le sujet et l'objet. » Et cela l'est, de tout Éternité, parce que la perfection n'est jamais éphémère. Et tu es parfaite. Seule la vision de la construction du je et, pour ceux qui sont en cheminement spirituel, la construction du Soi, ne sont que des éloignements de la Vérité. Toutes les vérités que tu découvres, toutes les vérités que tu établis comme valables, dans ta vie, sont, un jour ou l'autre, balayées. Tu es dans un corps. Ce corps va disparaître, c'est inéluctable. Cette Terre disparaîtra, le Soleil disparaîtra, l'Univers disparaîtra. Vos scientifiques vous le disent. Que deviendras-tu, à ce moment là ? Alors bien sûr, tant que tu es dans le je, et que tu joues le jeu, cela n'a aucune importance parce que l'échelle, dite de temps, échappe totalement à ta compréhension comme à tout concept. Le sens même de l'identité d'une personne, d'un individu, du Soi, n'est qu'un concept. L'être humain incarné a pour habitude de définir. Il définit à partir d'une forme limitée (objet ou sujet) mais tout cela est éphémère. Le plus difficile (et qui est à la fois le plus simple), c'est d'accepter, une bonne fois pour toutes, qu'il n'y a rien à rechercher, rien à chercher et que le chemin n'existe que si tu considères qu'il y a un chemin, que si tu considères qu'il y a une montagne à gravir ou à descendre, c'est la même chose. Qu'est-ce qui gravit la montagne ou qu'est-ce qui la descend ? La notion d'effort est connue dans ce monde. Tout est un effort. Il faut gagner sa vie. Ce que je te propose, ce n'est pas de ne plus la gagner mais de comprendre, afin d'intégrer, de dépasser, de transcender et, en quelque sorte, de rompre les amarres au fini. Non pas en t'en détournant (ce qui serait, encore une fois, une erreur) mais bien de te positionner ailleurs que dans ce qui est connu. Pour cela, il n'y a pas d'autre solution que d'accepter le principe même de ce qui doit être réfuté. Sortir de l'enfermement, c'est dépasser toutes les limites, non pas dans une espèce de désordre mais, bien plus, dépasser l'ordre et le désordre. C'est s'établir au-delà de l'ordre et du désordre, comme au-delà du bien et du mal. Au-delà de la dualité. Au-delà de l'Unité. C'est ne plus jouer aucun rôle mais accepter de vivre quoi que te propose ce monde. Il n'est pas question de se détourner de ce corps puisque tu y es dedans. Mais tu n'es pas ce corps. Ce n'est pas un déni du corps, ni un déni de la vie mais, bien plus, la transcendance, la transfiguration et la résurrection de la vraie Vie : celle qui n'est pas finie et qui d'ailleurs, n'a jamais commencé. Ce qui gêne, c'est le témoin. Ce qui gêne, c'est le Soi. Ce qui gêne, c'est de croire qu'il y a un chemin, de croire qu'il y a une vérité à trouver.

Le monde est une projection. Une projection de quoi ? De la pensée et de la Conscience. Tu n'es ni la pensée, ni la Conscience, ni l'agent qui a projeté la Conscience ou la pensée. Tu es au-delà de tout ça. Comme je le disais : ce n'est pas une recherche, ce n'est pas un temps parce que dès l'instant où tu considères qu'il y a du temps à consacrer à, tu restes dans le fini. Et l'Absolu ne peut être là, pour toi. Tu t'es détournée, en quelque sorte de l'Absolu. L'Absolu est au-delà de la Joie parce que la Joie est la contemplation du Soi, mettant fin à une certaine forme de souffrance, effectivement, mais qui ne répond jamais à la question de qui tu Es, parce que le Soi, lui-même, n'est qu'une projection au niveau d'une densité différente de celle que vous connaissez dans le je, mais qui reste inscrite dans le je. Où veux-tu être inscrite ? La seule angoisse de l'humain, c'est la disparition. Vous ne pouvez disparaître. Ce sac de nourriture disparaît. Ce monde disparaît. L'univers disparaîtra. Les concepts et les pensées disparaîtront. Mais ce qui a sous-tendu cela ne disparaîtra jamais parce qu'il n'est jamais apparu, justement. Donc, regarde, sans chercher. Change simplement le regard. Qu'est-ce qui n'est jamais apparu ? Qu'est-ce qui n'a jamais disparu ? Qu'est-ce qui sous-tend toutes les expériences, sans participer à l'expérience ? Ce n'est ni le témoin, ni l'observateur. C'est quelque chose qui est en amont, si je peux m'exprimer ainsi. C'est ce que tu Es, non pas dans le je suis, mais dans la négation même du je suis. Rappelle toi que mes mots ne sont pas destinés à être entendus par tout le monde, parce qu'ils fâchent. Ils fâchent avec le fini et se fâcher avec le fini, est parfois préjudiciable. Tant que tu considères que tu n'as pas fini de mener tes expériences (qui ne t'appartiennent pas plus que ton corps), alors, bien sûr, le Soi se gargarise de l'éveil de la Kundalini, de ses voyages, de ses rêves, de sa Paix, de sa Joie. Mais même cela fluctue car qui peut dire, même au sein du Soi, qu'il passe l'Éternité dans le Soi ? Réfléchis : que devient le Soi, une fois que ce corps n'est plus là ? Que devient la Conscience, une fois que ce corps n'est plus là ? Où étais-tu avant d'être dans ce corps ? Étais-tu dans un autre corps ? Et même si cela est le cas, s'il y a apparemment une solution de continuité entre un autre corps et ce corps, où étais-tu entre les deux ? En as-tu la claire vision, le clair sentiment ? Sais-tu ce qui est au-delà de l'Essence ? Tant qu'il y a recherche, vous n'êtes pas installés dans le bon regard ou dans le bon point de vue, parce que la recherche s'inscrit dans le temps et, comme vous l'ont dit beaucoup d'enseignants, le temps n'existe pas. C'est bien joli. Si le temps n'existait pas, ce corps n'existerait pas. Tout simplement. Cette Conscience n'existerait pas. Cette présence n'existerait pas. Seul demeurerait Absolu, cet Ultime. Mais cet Ultime, encore une fois, n'est pas une quête. C'est une Vérité qui ne dépend d'aucune expérience, d'aucun corps, d'aucun concept, d'aucune Conscience.

La Conscience est liée à l'expérience et à la projection, quelle que soit la Conscience. Le seul moment où vous n'avez pas conscience est celui où vous dormez, et pourtant, vous vous réveillez le matin en ayant, comme je l'ai déjà dit, le sentiment d'être le même. Parce qu'il y a quoi ? La mémoire de la veille, la mémoire d'une histoire limitée à cette vie, ou (pour les chercheurs spirituels) à toutes vos vies. Mais quelle importance ? Ce qui était hier, n'est pas ce que vous êtes aujourd'hui. Et ce que vous Êtes, réellement, n'a rien à voir avec le temps. Le temps est une création artificielle, quel que soit le temps. Ailleurs, le temps, c'est de l'espace dépourvu de temps mais vous n'êtes, non plus, aucun espace. Vous ne dépendez pas de l'espace / temps. Ce qui dépend de l'espace / temps est une personne. Vous n'êtes pas une personne. C'est un jeu. Tant que vous resterez une personne, vous alternerez plaisir et déplaisir, souffrance et joie. Dès qu'il y a émotion, il y a temps, il y a réaction. Tant qu'il y a concept, tant qu'il y a pensée, il y a temps. Le temps est l'Illusion qui vous fait croire à un chemin et qui vous perd sur un chemin, qui vous donne des satisfactions, qui nourrit l'Illusion et l'espoir ou le désespoir mais vous n'êtes ni espoir ni désespoir. Vous êtes ce qui a été appelé la Demeure de Paix Suprême, cette Béatitude Absolue qui existe dès que vous n'êtes plus une personne ni un individu. Or, le paradoxe, c'est que la personne, comme tu l'exprimes, ou l'individu, si tu es dans le Soi, passe son temps à revendiquer une recherche de ce qui est déjà là. Quand tu auras saisi qu'il n'y a rien à chercher, qu'il n'y a rien à rechercher, qu'il n'y a aucun chemin, le chemin s'arrêtera de lui-même, la quête s'arrêtera d'elle-même. Tu sortiras de l'espoir et du désespoir. Tu ne seras plus affectée par la vie de ce corps, par la vie de ces pensées, de ces concepts. Et pourtant cela ne disparaîtra pas, parce que cela a un terme mais l'ego va te faire croire que si tu envisages ce point de vue, tu mets un terme à ta vie, ce qui est faux. L'ego est très malin pour t'éviter de penser ainsi, parce qu'il sait que si tu réalises ce genre de pensées, cette réfutation, il va disparaître. Le sac de nourriture, que tu es, occupera toujours un espace et un temps donnés, mais tu ne seras plus cette personne ni cette identité. À ce moment là (qui ne dépend pas d'un temps mais d'un point de vue), sortez de cette notion linéaire de temps. Il n'y a pas d'attente, c'est déjà là. Accepter cela, c'est déjà s'extraire du jeu de la personne ou de l'individu. Je le répète, encore, pour toi : l'attente correspond au temps, le chemin correspond au temps. L'ego va trouver tous les prétextes pour te dire que la vie est éternelle mais sais-tu ce qu'est la Vie ? Où est la Vie ? Est-ce qu'elle est dans l'éphémère, dans ce qui est périssable, ou dans ce qui soutient absolument tout ?

Si j'insiste autant sur le point de vue, c'est que le point de vue vous fait sortir du temps. Et la seule façon de sortir du temps, c'est de rentrer dans l'espace, non pas pour occuper l'espace ou les espaces, non pas, uniquement, pour établir des Communions ou des Fusions ou même des Dissolutions mais, bien plus, pour vous extraire vous-mêmes de votre propre Conscience, ce que j'ai nommé a-conscience. La Conscience a tellement peur de ne plus exister qu'elle se bâtit des chimères dans le je, comme dans le Soi. L'incomplétude du je ou du Soi, vous complait à rechercher cette complétude alors qu'elle a toujours été là. Simplement la complétude, vous l'installez dans le temps d'une vie ou de plusieurs vies ou dans des concepts et des pensées qui s'étalent aussi dans le temps. Et vous maintenez ainsi, de façon indéfinie, l'expérience. L'expérience n'est pas l'Absolu. Justement, c'est la cessation de l'expérience, de toute Illusion. La demeure de Paix suprême est le témoin de l'Absolu, dans la forme. La forme n'est plus affectée, ni par les concepts, ni par les pensées, ni par les expériences. Elle va là où elle doit aller. La vie se déroule comme elle doit se dérouler, dans la plus grande des facilités, même avec une maladie très grave, même sans manger, même sans argent ou même dans la richesse et le bonheur. Cela ne change rien. Qu'est-ce qui a changé ? Le point de vue. Changer de point de vue : il n'y a pas d'autre alternative. Maintenant, il faut saisir aussi que la culpabilité ne sert à rien. Si tu considères que les expériences sont bonnes pour toi, alors tu as l'éternité de ton temps pour les réaliser. Ne considère jamais l'Ultime comme un objectif car ce n'est pas un objectif. C'est une Réalité Absolue qui est déjà là. C'est cela qui est, en quelque sorte, le nœud du problème. La Conscience est liée au linéaire et au temps. Vous n'êtes pas liés à la Conscience et encore moins au temps. Poursuivons.

Question : Comment vivre la paix et la joie ?
Je te répondrai : pourquoi vivre la paix et la joie ? Déjà, dans la question, tu signifies que la paix et la joie ne sont pas là. La Demeure de Paix Suprême n'a que faire des paix et des joies éphémères. Même la joie du Soi ne tient pas. Elle ne tient que par le souvenir de l'expérience ou que par la répétition du Soi installé dans le Samadhi, en tant qu'expérience. Tu dois d'abord définir ce que tu veux parce que, quand tu dis : « comment vivre la paix et la joie ou être en paix et en joie ? », qui demande cela, si ce n'est la personnalité qui veut être apaisée mais surtout, se maintenir, continuer à exister ? Qu'est-ce qui fait que la personnalité a besoin de se maintenir et d'exister ? C'est, bien sûr, la peur. Mais tant que la peur est là, quelle qu'elle soit, aucune paix, aucune joie, ne peut te conduire à la Demeure de Paix Suprême. La peur est inscrite dans la mémoire, dans l'histoire et dans les expériences, parce que le sac de nourriture n'existe que par la peur. Sans peur, il ne serait même pas apparu. Il n'aurait donc pas besoin de disparaître. Chercher la paix et la joie, c'est chercher un médicament spirituel, non chimique mais un médicament. C'est déjà savoir que quelque chose ne va pas. C'est vouloir apporter une solution. Il n'y a pas de solution. Il n'y a pas de problème, non plus. Tout dépend du regard. La paix, la joie, est quelque chose que vous voulez conquérir parce que vous considérez que c'est extérieur à ce que vous êtes, parce que tout cela est issu du principe de manque, du principe de peur. Justement, la peur et le manque sont la caractéristique de l'éphémère, de tout ce qui est duel. L'équilibre de la dualité ne pourra jamais atteindre la Demeure de Paix Suprême parce que cet équilibre est instable. Il oscille, que cela soit dans le je ou dans le Soi.

Seul l'Absolu, que tu Es, de toute éternité, te permettra de dépasser ce « comment » ou ce « pourquoi ». Là aussi, le point de vue est primordial, parce que tant que tu réfléchis, tant que tu fais des efforts, tant que tu crois progresser, tu restes et demeures au sein de la personnalité et, en aucun cas, dans la Demeure de Paix suprême. Il faut changer de Demeure. Ce corps est là et si tu le supprimes, il reviendra. Donc il n'y a rien à fuir, il n'y a rien à rejeter, ou à adopter. Il y a juste à changer ton regard. Parce que tout regard adopté par la personnalité ou le Soi n'est que le résultat d'une projection, d'un concept, d'une pensée, d'une idée ou de quoi que ce soit d'autre. Si tu veux vivre la Liberté, plutôt que la paix ou la joie, alors libère toi parce que tu l'Es déjà. La Conscience, je te le rappelle, est une projection, à l'extérieur. Tu bâtis le Soi, comme le je, à travers la négation de ce qui n'est pas toi, de ce qui n'est pas le Soi. Tu définis, pour cela, un certain nombre de critères ou d'idéaux. Et tu cherches. Alors, bien sûr, il est plus facile d'être dans le Soi que dans le je, parce que dans le Soi, la paix et la joie sont plus souvent fréquents, voire de plus en plus fréquents, en intensité, en temps, en espace et en Conscience. Mais cela ne sera jamais la Demeure de Paix Suprême parce que tu es tributaire de ce que toi-même a créé comme concept, comme idée, comme pensée, comme objectif. Dès l'instant où tu acceptes qu'il n'y a ni comment, ni pourquoi, et donc aucun objectif, la vraie Paix peut commencer à apparaître à ton regard parce que la vraie Paix ne dépend d'aucune circonstance extérieure, ni même Intérieure. Cette paix là, appelée Demeure de Paix Suprême est ce qu'est l'Absolu, ne dépendant d'aucune condition, d'aucune idée, d'aucun concept et surtout d'aucune projection. Accepter cela, c'est le vivre. Mais n'y mets pas, derrière, la notion d'objectif. N'y mets pas, derrière, une attente. En résumé, n'y mets aucun temps parce que l'ego, comme le Soi, vont essayer de te piéger dans le temps, un temps plus ou moins large, plus ou moins élargi, mais toujours un temps.

Remplace le temps par l'espace. C'est-à-dire : ne cherche pas à te localiser ailleurs, pas plus que tu ne cherches à te localiser, dans ce corps, dans ces idées, dans ces concepts ou dans ces pensées. À ce moment là, le besoin d'expérience se taira. L'observateur sera lui-même vu. Et tu es, très exactement, ce qui se tient derrière l'observateur qui, lui, n'a jamais expérimenté quoi que ce soit. C'est le sommeil, c'est la Dissolution. C'est les moments, que vous avez tous connus, le matin au réveil : qui suis-je et où suis-je ? Quand vous vous réveillez comme ça, plutôt que de penser à vos angoisses, à votre mari, à votre femme, qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes, très précisément, un milliardième de seconde, une seconde, dans la Demeure de Paix Suprême. Rappelez-vous que c'est toujours la Conscience qui cherche la preuve, qui cherche l'expérience, qui cherche le temps. Dès l'instant où tu saisis cela, tu ne te poses plus la question de la paix et de la joie. Mais, pour cela, il te faut t'extraire de toutes les identifications : « je suis un homme », « je suis une femme », « j'ai tel âge », « j'ai tel travail », « j'occupe telle fonction ». Vous n'êtes rien de tout cela. Je n'ai pas dit que cela n'existait pas. Bien au contraire : cela existe. Mais es-tu ce qui existe ou Es-tu autre chose? Si tu veux la paix et la joie, ne sois rien de tout cela. Extrais-toi, toi-même. Pour cela, la personne doit disparaître, non pas disparaître par une fin de vie qui ne serait, encore une fois qu'un spectacle dérisoire mais bien, de s'extraire de toute Conscience, de toute expérience, de tout folklore, de tout spectacle. Si tu arrivais à faire cela, au-delà de quelques milliardièmes de secondes ou secondes, tu n'aurais plus aucun problème de paix ou de joie ou de corps ou de Conscience. La Vie se déroulerait sans intervention de l'ego ou du Soi. Tu attendrais paisiblement, en faisant ce qui est à faire, ce que la Vie te donne à faire, sur ce monde, mais tu ne serais plus affectée par quoi que ce soit. Là est la Liberté.

Alors bien sûr, il y en a, parmi vous, qui ont fait des expériences hors de ce corps, hors de ce temps, hors de cette Dimension, mais cela ne reste que des expériences. L'Absolu est au-delà de toute expérience. Mais si tu as soif d'expériences, alors, tu les vivras. Si tu as soif d'incarnation, alors, tu les vivras jusqu'à plus soif. L'être humain incarné a toujours soif parce qu'il est construit sur la peur et sur le manque. Si, un jour, tu n'as plus soif, cela veut dire qu'il n'y a plus de peur et plus de manque, qu'il n'y a plus de recherche de paix et de joie parce que tu seras devenue ce que tu Es, de toute éternité : la Demeure de Paix suprême. Mais tant que tu es attachée à toi, à ce que tu crois être toi (ce corps, cette personne, ces idées, ces concepts, cette recherche, ce spectacle), tu participes au spectacle, d'une manière comme d'une autre, en tant qu'acteur, ou celui qui regarde, mais tu n'es pas sortie de l'Illusion. Et le comble, c'est que l'ego, comme le Soi, sont persuadés qu'ils vont pouvoir continuer à être cet éphémère parce que, finalement, l'ego et le Soi voudraient que l'éphémère dure. Mais l'éphémère ne deviendra jamais Absolu. C'est une Illusion. En ce sens, rechercher l'Absolu ne veut rien dire. Rechercher la paix et la joie est une projection de la Conscience et ne veut rien dire, pour l'Absolu.

L'Absolu, c'est juste le moment où tout point devient le centre et il n'y a pas de centre à chercher parce que tout est centre. Et il n'y a rien à projeter, quand tout est centre, parce que chaque centre produit les caractéristiques de tout autre centre (supposé, projeté ou imaginé). Tu n'es pas le point de vue de la personne, aussi bien dans ses joies que dans ses souffrances. Celui qui est Absolu peut manifester quelque chose dans ce sac (et même quelque chose de manifesté, de très douloureux) et pourtant, il n'est pas cela. Et s'il le sait, alors, quelle que soit la souffrance, il ne peut en être affecté ou altéré. Là, est la vraie Paix. Là, est la vraie Joie. Bien au-delà de la contemplation de la Lumière parce que tant que vous contemplez ou que vous regardez, vous mettez une distance. Quand je dis : « changez de regard » ou plutôt « changez de point de vue », cela vous amène à vous extraire de tout regard et donc à ne plus regarder. Parce que la seule façon de tout voir, c'est d'être au centre. Or, le centre ne bouge jamais. Il est partout. L'immobilité, comme le sommeil, participe à l'établissement de ce que j'ai nommé a-conscience. Alors que la recherche d'un idéal, d'un mari, d'une femme, d'un travail, d'un au-delà, vous éloignent. C'est le paradoxe. Vous croyez avancer mais vous reculez tant que vous n'avez pas compris que vous n'avez jamais bougé. Vous passez de l'un à l'autre et vos humeurs fluctuent dans le même sens, et vos pensées fluctuent dans le même sens. C'est comme quand vous dites : vous cherchez l'Amour. Mais vous Êtes l'Amour. Vous ne pouvez chercher l'Absolu, parce que vous l'Êtes. Vous ne pouvez chercher l'Amour, parce que vous l'Êtes. Vous ne pouvez chercher la Lumière, parce que vous l'Êtes.

C'est cette notion même de recherche qui, à un moment donné, dans votre recherche temporelle, doit cesser. On peut dire que ce monde n'existe que parce que des multitudes de Consciences s'y sont projetées. Quand vous dormez, comme je l'ai dit, le monde disparaît. Vous ne vous posez pas la question de savoir s'il va réapparaître demain. D'ailleurs, en avez-vous la certitude ? Il n'existe, comme vous le savez, aucune certitude, sur ce monde, si ce n'est la mort de ce sac. Ne vous posez pas la question du devenir de ce sac, ni des lois de ce sac mais, vraiment, pourquoi et qui Êtes-vous, en sachant que vous ne trouverez aucune réponse dans ce qui vous est donné à percevoir, à sentir et à ressentir parce que vous Êtes au-delà de tout ça. Mais tant que votre Conscience est tournée vers une projection d'un idéal (même le plus élevé, même le plus Amour), cela demeure toujours, et demeurera toujours, une projection qui vous éloigne de la Demeure de Paix Suprême. Acceptez ce postulat. Faites-en la Vérité parce qu'il n'y en a pas d'autre. Rappelez-vous : l'éphémère est bâti sur les peurs et les manques. Si vous cherchez à combler les peurs et les manques, vous maintenez l'éphémère, dans cette vie ou dans d'autres vies. Êtes-vous vraiment cela ? Maintenant, si vous êtes vraiment cela, alors continuez. À vous de décider : l'éphémère ou l'Absolu ? La Demeure de Paix Suprême ou la joie du Soi ? Se contempler soi-même le nombril ou le cœur, ou arrêter la contemplation, afin d'être ce que vous Êtes au-delà de tout temps ? À vous de définir. À vous de décider. Aucun élément extérieur ne peut décider à votre place : aucune paix projetée, aucune joie projetée, aucun amour projeté, aucun éphémère. Le comble de l'éphémère est de vous faire croire que vous pouvez trouver l'Infini dans l'éphémère. C'est faux. La meilleure façon de trouver la Paix et la Joie éternelles, c'est de s'oublier soi-même. C'est ce qui se passe quand tu dors, normalement.

Question : Comment puis-je réfuter la peur de ne pas savoir formuler et poser une question ?
La question est une interrogation : toute question, celle que tu peux me poser ou à n'importe qui. Quand tu te poses la question de savoir si il pleut, tu regardes à la fenêtre ou tu vas voir le ciel. Le problème est que si tu te poses une question de l'Absolu, tu ne peux avoir de réponse. Le principe est : « tu es ce que tu cherches ». Que veut dire la peur, encore une fois ? La peur n'est que le manque, poussé à l'extrême. Et toutes les peurs (comme je l'ai dit) prennent naissance dans le mythe de la mort. Il est très facile de dire que le cycle de la vie et de la mort fait partie de la vie. Auquel cas je te réponds : où es-tu quand tu es morte puisque tu n'es plus en vie, tel que tu l'as défini. La conscience de ce corps, du je, comme du Soi, disparaît. Est-ce que, toi, tu vas disparaître ? Oui. La peur est là. La peur de poser une question (ou de ne pas savoir la poser) n'est destinée qu'à te donner encore plus peur. Tant que tu mets une identité (ou une non-identité) sur la peur, tu considères que la peur est ta vie. Peu importe de savoir si la peur vient de ceci ou de cela, puisque, en définitive, toute peur n'est liée et n'est justifiée que par l'éphémère. Quand tu dors, sans rêve et sans cauchemar, as-tu peur ? Qu'est-ce qui a peur ? Tant que tu nourris la peur (de ne pas savoir, de vivre quoi que ce soit de désagréable), tu ne peux être Absolu (qui est déjà là). On peut même dire que l'être n'est soutenu que par la peur. Parce que l'être qui est soutenu par l'Amour, par ce qu'il Est, est Absolu. Là aussi (et encore une fois), ce qui fait défaut, c'est le manque et la peur. Le manque et la peur inscrits dans le limité. Ça veut dire quoi ? Que tu es identifiée à ton savoir, à ta personne. Tu es donc attachée à l'éphémère. Là, vient la peur. Là, est l'origine initiale et finale de la peur. Or, la seule chose à laquelle tu ne puisses être attachée, c'est ce que tu Es, en Vérité. C'est l'attachement à la personne (qui n'est pas ce que tu Es) qui initialise la peur et l'entretient.

La peur est une sécrétion du corps et vos savants le savent : il y a des hormones de la peur, comme il y a des hormones de la joie. Mais est-ce que tu es une sécrétion de ce corps ? Non. Tu y es simplement identifiée. Pourquoi ? À cause de la peur. La peur engendre la peur. Il n'y a aucun moyen d'en sortir. Tu peux y mettre le baume (apaisant) du Soi. Tu peux y mettre le baume (apaisant) du sommeil ou de la chimie, pour lutter contre l'excès ou l'insuffisance, dans ce corps. Mais tu n'es ni l'excès, ni l'insuffisance, de l'un comme de l'autre. Imagine (car c'est la Vérité) que la peur est sécrétée par le corps. La peur a une odeur, d'ailleurs : il y a de la chimie, là-dedans. Mais est-ce que tu es cette chimie ? Non. Simplement, ta conscience s'y est identifiée. Et tu vas me répondre que, quand tu vis la peur, tu as peur. Ou quand tu vis la fatigue, tu es fatiguée. Ou quand tu vis la mort, tu vis la mort. Mais tu ne peux pas mourir. C'est ce corps qui meurt. Tant que vous avez peur de la mort, vous avez peur de vivre. Tant que vous avez peur de vivre, vous avez peur de la mort. Parce que vous ne savez pas ce qu'il y a après l'éphémère. Mais vous ne pouvez le savoir, en aucune manière, en aucune expérience, même de rencontre avec la Lumière. Cela ne peut vous faire que des beaux souvenirs, des baumes apaisants sur la souffrance et la peur, remplaçant la sécrétion de la peur par la sécrétion de la paix ou de la joie. Mais la Demeure de Paix Suprême n'est pas inscrite dans la chimie. C'est le regard qui change. Celui qui a peur a inscrit sa croyance dans l'éphémère, quelle que soit cette peur, quel que soit l'éphémère qui est vécu. Vous ne pouvez trouver aucun contentement définitif en dehors de ce que vous Êtes, vraiment. Parce que toutes les joies, toutes les peines, ne durent qu'un temps. Tous les êtres humains le savent. Même des grands êtres qui ont vécu la Demeure de Paix Suprême (et vivant donc l'Absolu, dans la forme) sont passés par ces étapes, parce que cela fait partie de l'Illusion de ce monde.

Tu ne peux pas démontrer l'Illusion de ce monde. Tu ne peux pas démontrer l'Illusion de ce corps, parce que, si on le tape, il a mal, et la conscience le vit. Tu ne peux que le réfuter. Réfuter n'est pas démontrer. Réfuter n'est pas s'opposer et encore moins (comme je l'ai déjà dit) dénier. C'est changer de regard, de point de vue. Vous n'êtes ni ce qui souffre, ni ce qui est content, ni le Soi, ni le je. Si vous acceptez cela, vous le vivez. Aucune peur ne peut émerger. Et même si elle émerge, elle n'a aucune prise. Mais tant que vous luttez, tant que vous vous opposez à quoi que ce soit, dans l'Illusion, vous maintenez l'Illusion. Quand vous dormez, l'Illusion n'existe plus. C'est bien là qu'est le problème. La peur est un aiguillon qui te maintient dans l'Illusion. Parce que, pour celui qui est dans l'illusion, l'illusion fait moins peur que l'Absolu. D'ailleurs, pour lui, l'Absolu n'existe pas. Ou alors, il l'envisage dans un temps futur, comme un effort à fournir, quelque chose qui est loin, dans le temps comme dans l'espace. Cela ne fait que signer l'attachement formel au sac de nourriture ou au sac de pensées. C'est la même chose, même si tu ne le vois pas. Celui qui a dit : « je pense donc je suis » ne peut pénétrer le non-être, ne peut abandonner le « je suis ». Il peut que le peaufiner et le construire. Mais plus il le peaufinera et plus il le construira, plus il s'enfermera, lui-même, dans son propre isolement, dans sa propre peur, dans ses propres garde-fous, dans ses propres limites. Tant qu'il y a limite, tant qu'il y a garde-fou, il n'y a pas Liberté. Et pourtant vous revendiquez tous la liberté. Mais vous avez peur de la Liberté, parce que c'est ce que vous Êtes. Seule la conscience vous empêche de le voir. Ce n'est pas quelque chose à conscientiser, mais c'est quelque chose à faire cesser. C'est exactement l'inverse de ce que veut vous faire croire la personne que vous croyez être (ce sac de nourriture, ce sac de pensées).

Rappelez-vous : aucun sac, même le plus parfait, n'est Absolu. Parce qu'un sac, c'est une limite entre ce qui est dedans et ce qui est dehors. Donc, tant que vous considérez que vous êtes un sac, cela veut dire que vous considérez qu'il y a un dehors et un dedans. Et tant que vous considérez cela, la peur est là. C'est une sécrétion du sac. Vous n'êtes pas le sac. Vous n'êtes pas, non plus, ce qui constitue le sac. Vous n'êtes pas, non plus, tous les sacs. L'Absolu ne connaît pas la limite. Il n'y a donc pas de sac. Mais laisse tranquille ce sac, ne t'occupe pas de lui, laisse le vivre ce qu'il a à vivre, que cela soit dans le travail, dans l'amour ou dans quoi que ce soit. Et tu t'apercevras que, si tu le laisses vivre, tout seul, ta vie deviendra merveilleuse et l'Absolu sera là. C'est justement l'implication de la personne elle-même (ou du Soi lui-même) qui enferme le sac et qui rend ce sac peureux. Tout ce que vous appelez le contrôle, la maîtrise, est l'absence de Liberté. C'est une contrainte. Alors, vous allez vous défendre en disant que vous êtes incarnés et qu'il faut établir des règles. Mais les règles sont bonnes pour le sac, pour les pensées, pour la morale, mais pas pour ce que vous Êtes. Sauf si tu considères que t'es quelque chose de moral. Tu n'es pas plus la morale que la peur. Tu n'es pas plus cette vie qui se vit, que cette mort qui se vit, que cette naissance qui s'est vécue. C'est un concours de circonstances. Que tu l'appelles karmique ou évolutive, c'est faux. Sors de tout ce qui t'encombre et tu verras que la peur n'existe pas ailleurs que dans ce qui t'encombrait. Le sac n'est pas coupable (ni de nourriture ni de pensées). Il est là et un point c'est tout. Mais toi, tu n'Es pas là. Découvre où tu Es (en dehors du temps) et tu verras que ce sac de nourriture et de pensées se portera à merveille. Quoi qu'il vive ou ne vive pas. Tant que tu restes tributaire des affects, des peurs, des pertes ou des gains, c'est la même chose. C'est illusoire.

L'être humain, d'une manière générale, veut mettre de l'Éternité dans l'éphémère. Mais c'est faux. C'est l'éphémère qui est dans l'Éternité. L'Absolu contient l'éphémère. Mais aucun éphémère ne peut contenir l'Absolu. C'est des mathématiques élémentaires. Tu ne peux pas être le centre et la périphérie. Tu ne peux pas être le mouvement et immobile. Sauf si tu deviens le centre et que tu translates ce centre partout, puisque c'est le même centre. Quand je vous disais (ou quand l'on vous disait, surtout maintenant) de rester tranquille, ça ne veut pas dire de rester assis dans un coin et de ne rien faire. C'est de rester tranquille dans les pensées, de ne pas donner de poids et de prise, ni à la peur, ni aux expériences, ni à quoi que ce soit. Vous voulez être la Demeure de Paix Suprême que vous Êtes déjà et vous faites tout pour vous en éloigner. La Demeure de Paix Suprême n'a que faire de ce que vous faites ou de ce vous croyez être. Elle est déjà ce que vous Êtes. Vous Êtes cela. Vous Êtes le centre. Vous n'êtes pas le centre du monde : sans ça, c'est le je. Vous n'êtes pas plus le centre du cœur : sans ça, c'est le Soi. Mais vous Êtes tous les centres, pas seulement ces deux-là. Qu'est-ce qui vous limite ? Le sac. Mais vous n'êtes pas ce sac, ni des idées, ni des pensées, ni de nourriture. Acceptez cela parce que c'est la Vérité. Ce n'est pas une croyance, c'est justement la fin de toutes les croyances. Arrêtez de croire. Quand tu me dis : « j'ai peur », montre-moi ta peur. Es-tu capable de me la montrer ? Quand tu dis : « je suis ce corps », je vois ce corps, mais prouve-moi que tu es ce corps. C'est une croyance, une expérience, mais ce n'est pas la Vérité. Si tu t'affranchis de ces poids-là, même si cela te semble absurde (mais, bien sûr, que l'ego va trouver cela absurde et le Soi aussi), mais si tu vas dans ce que tu nommes absurde, tu te découvriras Absolue. Parce que rappelle-toi que, pour le connu (pour la personne comme pour l'individu), l'Absolu est absurde. Mais, bien évidemment, de ce point de vue là, oui. Retourne le point de vue et tu vivras ce que tu Es.

Question : Du jour au lendemain, la vie que je menais et qui était celle que j'avais toujours souhaitée, m'est apparue vide de sens, comme si c'était la vie d'une autre. Aujourd'hui je ne me reconnais plus, ni dans les choix que j'ai faits, ni dans ceux qui se présentent à moi. Que faire ?
Justement : ne rien faire. Il n'y a aucune solution à apporter, puisque tu as trouvé la solution. Si je peux m'exprimer ainsi, tu es à cheval entre le jeu du Soi et l'Absolu. Bien sûr, comme tu le sais, il n'y a pas de passage, ni du je, ni du Soi, vers l'Absolu. Mais être Absolu, c'est quand le je et le Soi sont absurdes. C'est exactement ce que tu vis. Donc je te félicite et tu dois te féliciter. Cela prouve, simplement, que le je ne veut plus jouer. Cela prouve que le Soi, qui était l'objet de toutes tes attentions, lui aussi, se dissout. Surtout, ne demande rien. Ne projette rien. Tu es sur la bonne voie, celle qui te dit qu'il n'y a pas de voie. N'écoute d'ailleurs aucune voix, même la mienne. Parce que tu y es. Va aux limites de ce qui te semble justement absurde. L'Absolu est là. Ce qui se passe (et ce que tu vis) a été appelé la dissolution de l'âme (ou la consumation de l'âme) qui n'est plus tournée vers l'Illusion, ni vers l'expérience, mais qui remonte vers l'Esprit. Vous avez celle qui était une grande dame, qui vous en a parlé (Ma Ananda Moyi) à de nombreuses reprises. Il n'y a pas d'autre façon de disparaître et de s'annihiler. La disparition n'est pas la mort. Disparaître, c'est sortir du paraître. C'est enfin être clair, ne plus rien arrêter, ne plus rien désirer. Ce n'est pas la mort du désir, ce n'est pas le désintérêt, mais c'est la Vérité. C'est l'endroit en dehors du temps (le centre comme tous les centres) où se trouvent tous les contentements. Alors, bien sûr, du point de vue de ce qui est limité, cela peut te sembler troublant, désespérant, vide. Mais si tu vas au bout, c'est plein, c'est l'Absolu, c'est cela. Il y a juste, là aussi, la perception de l'observateur qui observe que tout ce qui faisait ta vie, n'existe plus.

Mais comme je l'ai dit : tu n'es pas ta vie, inscrite entre la naissance et la mort. Il faut bien mettre fin à ce qui est connu, à tout ce qui est connu, pour enfin être, au-delà du je suis, dans la non-conscience que j'ai appelée a-conscience, qui n'est pas l'inconscience. Donc, surtout, ne fais rien, ne change rien. Reste tranquille. Parce qu'à force d'observer ce néant (comme tu l'observes), l'Absolu est là. Il n'y a rien de plus simple. Dès que cela vous semble compliqué, c'est le je qui intervient, la petite personne, le sac. Reste là où tu es et laisse se dérouler ce qui se déroule. Si tu acceptes cela, sans t'impliquer, sans indifférence, sans désir de quoi que ce soit, et si tu fais même cesser le jeu de l'observateur, tu sortiras du théâtre. C'est la seule condition possible pour vivre et Être la Demeure de Paix Suprême, ici comme partout. Tu auras vécu tes Ténèbres, que pourtant tu appelais tes Lumières qui sont parties. N'oublie pas que tu es inversée, sur ce monde : que ce que vous appelez le vide, est plein et que ce que vous appelez la matière, est vide. Vos savants le savent. Toi, tu as la chance de le vivre. Alors, surtout, ne cherche pas à savoir, parce que le savoir est une projection. Ce que tu vis mettra fin à l'expérience et donc à la conscience limitée. Aucun doute n'est possible là-dessus. Et si vous vous interrogez vous-mêmes, les uns les autres, vous vous apercevrez que c'est le cas pour beaucoup d'entre vous, qui avez œuvré pour le Soi.

Là aussi, de plus en plus, ce qu'il y a à saisir ce n'est pas un savoir, ni une compréhension, ni une expérience, ni le je, ni le Soi mais, simplement : changez de point de vue. Acceptez l'apparente absurdité de la chose pour découvrir le vrai sens, c'est-à-dire l'Essence (et non pas les sens, en deux mots). Il n'y a aucun sens. Les sens vous trompent. Seule l'Essence (en un mot) est la solution. Et tant qu'il y a sens, il n'y a pas Essence. Tant que vous voulez donner du sens, une logique, à votre vie, à vos expériences, à votre Soi, vous n'êtes pas prêts de lâcher, vous vous accrochez à l'éphémère. Donc ce que tu vis (ou plutôt ce que tu ne vis pas) est très exactement cela : ce que tu Es. Alors, bien sûr, la personnalité, le Soi doivent faire le deuil, parce que c'est une mise à mort de l'éphémère. Et cela peut faire peur ou, en tout cas, interroger. Si tu dépasses la peur ou l'interrogation, tu constateras, très vite, que tu Es la Demeure de Paix Suprême. C'est là. Tu Es cela. Encore une fois, ne cherche pas à comprendre, maintenant. Tu auras tout le temps pour réfléchir et tu comprendras alors qu'il n'y a rien à réfléchir. Il y a juste à laisser fléchir ce qui se meurt, ne plus le nourrir, ne pas chercher à savoir. Alors, dit de façon poétique, on vous dira : « redeviens comme un enfant ». Mais un enfant, c'est encore un sac. Va au-delà de l'enfant, avant le sac. Tu y Es.

Question : Une fragilité me fait passer du rire, de la légèreté, à la lourdeur, aux pensées obsessionnelles continues, sans même le conscientiser. Alors je suis incapable d'aimer et d'être aimée, de me centrer et même de réfuter. Comment sortir de cet enfer ?
Mais, l'enfer, c'est toi, dans ce que tu crois être. Il n'y a pas d'autre enfer. Réfléchis. Aimer ou être aimée, c'est déjà considérer qu'il y a un manque puisque tu Es Amour. Projeter l'amour, c'est s'éloigner d'Être Amour. Parce que celui qui Est Amour, absolument, n'a pas besoin de décider d'aimer ou de rechercher à aimer, ni même à être aimé. Puisque c'est son Essence. Il y a, derrière ta question, la culpabilité. L'éphémère oscille : tu ne peux trouver d'équilibre, en aucune manière, de façon durable, au sein de l'éphémère. Le problème, c'est le narcissisme parce que, fondamentalement, cet enfer que tu décris est lié à ton propre narcissisme, le besoin de ramener à soi, dans le je. C'est le centre du nombril. C'est chercher des causes à la souffrance, aux oscillations, aux humeurs. Mais, en faisant ainsi, tu maintiens l'Illusion de ne te pas croire digne d'aimer ou d'être aimée. Mais tu n'as pas à être digne (ou indigne) puisque tu Es Amour. Tant que tu cherches l'amour dans l'acte d'aimer, dans le besoin d'aimer (ou le besoin d'être aimée) tu ne fais que renier ta propre nature. Tous les êtres humains revendiquent d'agir au minimum, une fois dans leur vie, par amour, quelle que soit l'expression de cet amour (sexuel, filial, passionnel, spirituel). Tant que tu cherches, il y a manque. Si tu ne cherches pas, le manque n'est plus. Chercher l'amour, c'est comme demander à une pomme de chercher un pépin. Mais le pépin est dedans. Tu ne peux chercher dans un extérieur, une satisfaction intérieure, si ce n'est à rester et à demeurer dans la Dualité et dans l'alternance plaisir / déplaisir, dans quelque amour que ce soit (sexuel, passionnel, filial). Tout cela ne sont que des amours humains qui ne reflètent que le manque d'amour de ce que vous Êtes, réellement. Parce que votre regard n'est pas bon. Tout cela vient des croyances, de toutes les croyances, quelles qu'elles soient, de toutes les mémoires (les vôtres comme celles des autres), quelles qu'elles soient.

Mais vous n'êtes pas un être de mémoire ou de croyance. Vous Êtes Absolu. Vous Êtes Amour. Comment est-ce que ce qui est illusoire (Maya) pourrait apporter une quelconque satisfaction qui soit durable ? Parce que même la satisfaction la plus durable s'éteindra avec ta propre mort, de ce corps de nourriture. L'ego se croit, en permanence, immortel. Dans tous les amours qui existent, il les veut infinis et éternels, par-delà la mort. Mais aucun amour, vécu ici, n'est l'Amour. Tout amour (même le plus désintéressé, même le plus spirituel) n'est que la traduction du manque de reconnaissance de ce que vous Êtes : Amour. Comme la peur, comme le narcissisme, comme l'enfer, qui ne sont que des non-reconnaissances de votre nature, de votre Essence. Vous mettez du poids là où il n'existait aucun poids. L'Amour n'est pas une responsabilité. L'Amour n'a pas à être justifié et n'est pas justifiable. Il n'a pas à être cherché ou recherché. Il n'y a même pas à se poser la question de sa manifestation, ou de son absence, ou de sa présence. Parce que c'est ce que vous Êtes. C'est l'ego qui voudrait Être Amour. Mais il ne pourra jamais l'Être puisque l'ego est construit sur le manque d'Amour, sur la peur. Donc, tu ne peux rester dans le nombrilisme et revendiquer l'Amour.

Le seul véritable Amour est celui où vous disparaissez, en tant que personne, en tant qu'individu, en tant que conscience, en tant que recherche. Si vous pouviez arrêter tout cela, d'un coup de baguette, et rester tranquilles, vous constateriez instantanément (comme je l'ai déjà dit) que vous n'êtes ni l'acteur, ni la scène de théâtre, ni le spectateur, ni le théâtre. Vous jouez à l'un de ces rôles et vous y croyez tellement, alors que vous savez, pertinemment, que tout rôle a une fin, comme ce sac. Alors on peut parler de l'âme, de l'Esprit. Montrez-les moi. La seule vérité est l'Amour, Demeure de Paix Suprême, Absolue, Éternelle, non-éphémère, non-je, non-Soi. Tant qu'il y a revendication sur la personne, cela veut dire, simplement, que vous êtes installé dans la personne. S'il n'y a pas de personne, la personne ne peut avoir le moindre problème. C'est impossible. En prenant un autre exemple : c'est comme si tu me disais : « je ne veux plus être au rez-de-chaussée, mais je veux être au 4ème étage de l'immeuble», mais que tu persistes à rester au rez-de-chaussée, sans vouloir déménager au 4ème. L'expression que vous pourriez employer c'est : vouloir l'un et l'autre. Vous ne pouvez vouloir, à la fois, l'éphémère et Être Absolu. Rappelez-vous : l'éphémère ne peut contenir l'Absolu. L'Absolu contient l'éphémère. C'est tellement simple que jamais l'ego ne l'acceptera, que jamais le Soi n'acceptera, non plus. Parce qu'ils tiennent à vous faire passer l'éphémère pour Éternel. Ainsi, même si cela est dur à entendre, pour la personne : tu n'es pas cette personne. Mais tant que tu restes dans la personne, tu restes dans le narcissisme, qui est souffrance ou, au mieux, alternance souffrance et satisfaction. Or, toute satisfaction appelle à sa reproduction (dans tous les sens du terme, reproduction) : en toi, par les peurs qui reviennent et qui tournent, que même par le besoin de se reproduire, pour espérer se retrouver dans une continuité éphémère. Toute la personne est inscrite dans ce besoin de reproduction. Tout ce sac de nourriture ne peut exister que par ce principe de reproduction. C'est justement de cela qu'il faut prendre conscience et s'extraire. Et après, se débarrasser, aussi, de la conscience qui l'a perçu. Parce que plus vous creusez (en espérant trouver la Lumière) et plus vous vous enfoncez dans les Ténèbres. Je pourrais appeler ça de la psychologie de sac. Et c'est la Vérité.

Cherchez sans chercher. Arrêtez-vous et vous avancerez. Il faut se débarrasser de tout ce qui arrive dans la conscience. Alors j'imagine bien que la personne enfermée va vouloir se débarrasser de ce qui fait souffrir. Mais elle n'arrive pas à comprendre comment elle doit aussi se débarrasser de ce qui met en joie. Ça ne veut pas dire sortir d'une relation mais c'est, là aussi, changer de point de vue. Quand je m'adresse comme cela à vous, la personne peut comprendre (à tort) qu'il faut s'éloigner d'une profession, d'un mari, d'une femme, d'une relation. Mais je n'ai jamais dit cela. C'est ce que vous entendez, au niveau de la personne. Et vous l'entendrez toujours ainsi, tant que vous êtes installés dans la personne. Acceptez de ne plus être personne et vous verrez. Mais dès l'instant où vous entreprenez une action pour ne plus être personne, en supprimant ceci ou cela, vous n'avez rien saisi. Parce que je ne m'adresse pas nécessairement à la partie qui entend mes mots, dans un premier temps. Et c'est pour cela que je vous dis, à chaque fois, de prendre le temps pour comprendre. Si tu ne comprends rien, maintenant, c'est tant mieux, parce que je m'adresse à ce qui est au-delà de la compréhension. Je ne m'adresse pas à la personne qui écoute, mais à celle qui entend.

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