Autres Dimensions

Sois qui tu es

BIDI - 3

29 juin 2012

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Question : Quelles possibilités m'aiguilleraient et me permettraient de basculer et d'accéder à l'Absolu ?
Il y a des mots dont l'agencement montre une interrogation au sein de l'interrogation. Es-tu sûre de ta question ? Que signifie « la possibilité » et « aiguiller » ? Encore une fois, la notion d'aiguiller signifie un besoin de comprendre, un besoin de saisir, un besoin de s'approprier. Alors que l'Absolu, en aucun cas, ne peut-être défini, ni même perçu, tant que tu te situes au sein du connu, tant que tu persistes à vouloir le comprendre, le saisir. Le préalable appelé « Abandon du Soi » n'est réalisable que par la réfutation. Il t'appartient donc de cesser de vouloir comprendre, de cesser de vouloir t'approprier. L'Absolu, en aucun cas, ne peut être un objectif, ni une finalité et encore moins quelque chose que l'on peut percevoir, ressentir ou expérimenter. Il n'y a que la réfutation de tout ce qui est connu (que cela soit ce corps, comme l'ensemble des corps dits subtils) qui permettra, dans un premier temps, de rompre l'habitude de l'identification à tout ce qui constitue la vie, au sein de ce monde. Être rien, ici, comme je l'ai dit, permet d'être Absolu. Alors, bien sûr, un certain nombre de Piliers, un certain nombre d'éléments (qui vous ont été communiqués) sont des éléments préparatoires à l'Absolu. Mais, en aucun cas, l'Absolu ne peut être saisi à travers une compréhension intellectuelle. Quand cet état s'installe, au-delà de tout état, quand il se révèle et se dévoile, instantanément, cela est une perception au-delà de tout percept, cela est un état au-delà de tout état, qui vous installe en-dehors de l'illusion. Non pas en tant que croyance mais en tant que Vérité Absolue, vécue de manière permanente, vous permettant de vous extraire de tout ce qui fait l'éphémère et l'illusoire. Il n'existe donc aucun élément pouvant t'aiguiller, aucune possibilité te permettant de te diriger vers quoi que ce soit. Seul, le principe de réfutation et l'enquête sur ce que n'est pas l'Absolu te permettra, à un moment donné, de rompre le cercle vicieux du mental, ainsi que de l'ensemble des croyances, ainsi que de l'ensemble des identifications participant à l'éphémère. Il n'y a pas d'autre moyen, il n'y a pas de technique, il n'y a pas d'autre approche possible concernant l'Absolu. La réfutation consistant à rejeter (sans nier et sans renier), consistant à voir tout ce qui n'est pas Infini, tout ce qui est éphémère, permet une approche directe, si je peux m'exprimer ainsi, de l'Absolu. Vous ne pouvez, en aucun cas, aiguiller quoi que ce soit. Vous ne pouvez élaborer aucune stratégie, aucune autre possibilité. Aucune Vibration ne peut vous conduire à être Absolu. C'est justement dans la réfutation de tout ce qui est vécu (concernant aussi bien le je, que le Soi) que l'Absolu se déploie et se dévoile. Bien sûr, l'Onde de Vie, le Manteau Bleu de la Grâce, participent à ce travail. L'ensemble des éléments inscrits au sein de la survie de la personnalité elle-même (comme la peur de la perte de cette personnalité, la peur de la mort) sont des éléments qui peuvent être transfigurés par l'Onde de Vie elle-même. Facilitant, en quelque sorte, la disparition de l'ego et la transcendance de l'ego, la disparition du Soi et la transcendance du Soi. Permettant de dévoiler ce qui a toujours été là. Vous ne pouvez vous en saisir par un quelconque processus mental, par un quelconque processus Vibratoire, par une quelconque expérience. La réfutation est le principe et le fondement même de l'Advaïta Vedânta permettant, si vous le souhaitez, de vous établir dans ce que vous Êtes, de toute éternité, au-delà de toute vie, au-delà de toute matière et au-delà de toute Dimension. Vous ne pouvez vous en saisir, vous ne pouvez l'approcher autrement que par la réfutation, autrement qu'en profitant de l'influence de l'Onde de Vie, du Manteau Bleu de la Grâce et du dépassement et de la transcendance du je et du Soi. Les Piliers qui ont été communiqués (voilà déjà longtemps) concernant l'Humilité, la Simplicité, la Transparence, la Voie de l'Enfance, sont des possibilités. Mais ces possibilité ne donnent pas accès, si je puis dire, directement, à l'Absolu, mais établissent les bases, les fondations, qui permettent d'asseoir, en quelque sorte, l'abandon du je et l'abandon du Soi.

Question : Pouvez-vous m'éclairer sur mes résistances à lâcher ma personnalité ?
Une partie de la réponse que je te ferai est donc issue de la question précédente. Je n'y reviendrai pas. L'attachement de la personnalité à elle-même est inhérent au principe de survie. La personnalité, pour exister, doit se croire éternelle, ce que, bien évidemment, elle n'est jamais puisque la personnalité apparaît et disparaît entre la naissance et la mort. Rien ne subsiste de la personnalité une fois que le sac de nourriture n'est plus et est rendu à la Terre. Ce qui persiste (et encore, pour vous, cela est une croyance, le plus souvent) est l'âme et l'Esprit. Mais l'âme et l'Esprit ne sont pas l'Absolu. Ils sont contenus dans l'Absolu. Les résistances de la personnalité, au-delà de toute notion psychologique, sont liées même à la présence de la projection de la conscience au sein de ce monde. Ainsi, il n'y a pas de spécificité individuelle, même s'il existe des programmations au sein de la personnalité, fonction de ta propre histoire, de ta propre mémoire. Au-delà de cela, il y a des archétypes, des fondements, des fondamentaux qui, chez tout être humain incarné, sont, par le principe de préservation de l'espèce, en quelque sorte, les garants et les garde-fous de la non-disparition de la personnalité avant un terme échu (que celui-ci soit la mort naturelle, une mort accidentelle, ou quoi que ce soit d'autre mettant fin à l'existence de la personnalité et donc, à la projection de la conscience dans son enfermement au sein de ce sac de nourriture). Ainsi donc, je ne peux te donner d'élément personnel concernant ce qui est commun à l'ensemble de l'humanité incarnée. Je te renvoie donc à ce qui a pu être dit, de différentes façons, concernant ce que vous nommez les 2 premiers chakras, où sont inscrits les principes de survie, les principes de survivance, ainsi que les principes d'illusion permettant de maintenir un semblant de cohérence au sein de ce qui est nommé la personnalité. Il n'y a donc pas de réponse qui te soit personnelle.

Que l'on soit au niveau du je, que l'on soit au niveau du Soi, que l'on soit au sein de la Présence Infinie ou de l'Infinie Présence, le mécanisme, si l'on peut dire, reste le même : il n'y a que dans le dépassement de la peur de la mort, de la peur de sa propre disparition, que l'Absolu apparaît comme quelque chose qui est là, de toute éternité. La projection de la conscience doit donc, le temps de ce qui n'est pas un passage mais bien une Transfiguration, cesser d'exister. C'est cette peur-là qui doit être vaincue. Non pas dans le sens d'un combat, non pas dans le sens d'une explication, mais bien dans un face à face. Au sein de l'Occident, ceci a été la rencontre avec le « Gardien du Seuil », vous permettant de vivre vos propres Ténèbres, votre propre Dissolution. Ceci est inscrit, encore une fois, dans le principe de préservation même du corps. Il ne peut exister d'élément, à proprement parler, psychologique, puisque nous sommes ici, directement, dans quelque chose qui est inscrit dans le sac de nourriture lui-même. Le sac de nourriture est persuadé, lui aussi, d'être immortel, alors que, bien évidemment, vous savez que cela est faux, du moins sur la surface de cette Terre. Il y a un moment où vous apparaissez. Il y a un moment où vous disparaissez. Ce qui apparaît et ce qui disparaît concerne exclusivement l'éphémère. Sous-tendu à cette apparition et cette disparition, il existe ce qui est nommé un observateur ou conscience du « je suis », Réalisant le Soi. Au-delà du « je suis », il y a le non-être. Le non-être est la cessation de toute projection de conscience au sein de ce monde, comme au sein de toute Dimension. Être Absolu définit des nouveaux cadres qui sont constitués par l'absence de cadre et l'absence de limite. Il n'y a plus de localisation, il n'y a plus d'enfermement, il n'y a plus de possibilité d'être limité, en aucune manière. La conscience peut se projeter, comme ne plus se projeter. La réintégration au sein de La Source, la pulsation (si l'on peut l'appeler ainsi, bien que cela ne corresponde à rien qui vous soit connu) de l'Absolu, est une émanation d'Amour, se contemplant elle-même. C'est ce que nous sommes tous : Amour se contemplant lui-même. Projection de l'Amour au sein de différentes strates Vibratoires, au sein de différentes fréquences, au sein de différentes expériences. Tant qu'il existe, au sein de la conscience (que cela soit du je ou du Soi), le besoin d'expérimenter, le besoin de se projeter, l'Absolu ne peut apparaître, alors qu'il est déjà là. Il faut donc qu'il y ait, en quelque sorte, une extinction totale de la conscience. Que cela soit la conscience fragmentaire de la personnalité, que cela soit la conscience élargie ou la Supra conscience du Soi, tout ceci doit cesser, comme si le temps s'arrêtait, comme si l'espace n'existait plus, afin que la conscience, elle-même, arrête de s'observer, arrête de se voir et arrête d'être vue, elle-même, dans quelque Dimension que ce soit. Ceci, réalisé, transforme totalement votre vie, ici comme ailleurs, parce qu'à ce moment-là, vous n'êtes plus (tout en étant dans l'Absolu) dans une forme, limité par cette forme, en aucune manière. Votre conscience, en quelque sorte, même dans ses projections, n'est plus limitée à ce corps, à cette Dimension, ou à toute autre conscience existante. Vous êtes vraiment, à ce moment-là, Absolu, dans la réalité, non pas de l'expérience mais, de ce que vous Êtes, de toute éternité. Je résumerai cela en disant que le seul obstacle à Être Absolu est la peur. Tant qu'existe en vous la moindre peur (concernant ce corps, concernant cette âme, concernant cet Esprit, concernant votre devenir, concernant vos attaches, vos croyances), l'Absolu ne peut aucunement être ce que vous Êtes et que pourtant vous Êtes, de toute éternité. Parce que la peur est une projection de conscience, au sein de la limitation, au sein de la peur de sa propre disparition ou auto-dissolution. Le même mécanisme se retrouve dans les mécanismes d'approche de la mort où, dès l'instant où vous savez que vous allez mourir, pour une raison précise, survient, au sein de la conscience, le refus. Ce refus est caractéristique de la conscience de la personnalité. Au sein même de la conscience du Soi, même si cette période de refus semble beaucoup plus légère, elle existe, néanmoins. Le refus n'est que le reflet et la conséquence de la peur.

La personnalité est construite sur le manque de Lumière, sur la falsification, sur l'amputation. De cette falsification, de cette amputation, résulte ce qui est nommé la peur. La peur n'est qu'un sentiment d'incomplétude faisant que, toute sa vie, la personnalité va chercher à se rassurer en essayant de créer des circonstances qui lui semblent éternelles et qui, bien évidemment, ne le seront jamais (que cela soit à travers une affection, que cela soit à travers un travail, que cela soit à travers une descendance) puisque, de toute façon, le jour où vous quittez ce monde, ce monde-là n'existe plus, pour vous. Bien sûr, il existe des moyens (limités) de contact entre ce côté-ci de la vie et l'autre côté de la vie appelé la mort. Mais l'un comme l'autre ne sont que des amputations de ce que vous Êtes, en Vérité. Il existe, au sein de la personnalité (et ceci est commun à tout humain), le besoin d'être rassuré, le besoin de trouver une stabilité au sein d'un monde où rien de tout cela ne peut exister, de par l'existence même du principe d'amputation et de falsification, ainsi que d'enfermement.

Question : bien que sentant en moi les manifestations de l'Onde de Vie, je me demande pourquoi je suis encore tellement accrochée à mon je.
L'Onde de Vie, comme je l'ai dit, est un élément facilitant, venant transfigurer les peurs inscrites au niveau des 2 chakras inférieurs correspondant au corps physique et au corps, que vous nommez, éthérique. Mais ceci ne suffit pas à faire disparaître le je et ce que tu nommes « être accroché au je ». Il existe un principe d'abandon du Soi, situé à la perte totale de la personnalité, correspondant au passage entre le 3ème chakra et le chakra du Cœur. Ceci a été nommé Crucifixion et Résurrection. Il existe, à ce niveau, ce qui est appelé une « Porte Étroite ». C'est le moment où vous devez, en quelque sorte, vous prouver (à vous-même) que vous n'êtes attaché à rien de ce monde, à rien de ce qui est éphémère. Vous devez être libre de toute croyance. Vous devez être libre de tout attachement. Vous devez être libre de tout connu. C'est à ce niveau que va agir la réfutation. Encore une fois, concernant cette question, ce n'est pas une problématique personnelle, mais bien une problématique collective, liée à l'enfermement, à l'amputation et à l'isolement de ce monde. L'ensemble des connaissances (même les plus élaborées) ne sont qu'ignorance. Parce qu'aucune des connaissances, quelles qu'elles soient (astrologiques, qu'elles soient spirituelles, qu'elles soient religieuses), ne peuvent vous donner accès à la Vérité mais, simplement, à des croyances auxquelles vous adhérez, ou pas. Aucune croyance (même la plus élaborée) ne peut changer quoi que ce soit à votre statut. Si vous remarquez : au sein de tous les modèles religieux, au sein de tous les modèles de société de la Terre, quelle que soit l'adhésion à une religion donnée ou à une autre, vous avez des êtres qui ont réussi à s'Abandonner, en totalité, à accepter leur propre disparition. Quelle que soit la religion de départ, l'on peut dire que vous devez, tous, passer par la même Porte Étroite. C'est le moment où il faut se défaire de l'ensemble des croyances, de l'ensemble des certitudes. C'est à cette condition que l'Inconnu peut être révélé et que l'Absolu est réalisé, au sens de la Libération. Tant que vous vous appuyez sur une croyance, tant que vous vous appuyez sur une connaissance, quelle qu'elle soit, vous êtes dans l'ignorance la plus totale. Ce que vous appelez connaissance (au sens humain) n'est qu'ignorance. Si vous acceptez cette ignorance, alors vous pénétrez la connaissance, parce que vous Êtes la connaissance. Étant la connaissance, étant Amour et Lumière, vous ne pouvez, en aucun cas, au travers d'une quelconque projection, appréhender cela. Il n'y a qu'en vous débarrassant de tout ce qui est connu (par l'enquête et la réfutation), que vous arrivez à cela.

Je précise (pour les interventions futures) que je vous demanderai, dorénavant, de lire attentivement ce que j'ai déjà dit. Parce que beaucoup des questions que vous posez ont déjà eu leur réponse, surtout quand il s'agit de réponses qui sont collectives et qui ne concernent en rien votre personnalité et en rien votre individualité. Le principe de l'enquête, le principe de la réfutation est universel. Il ne dépend d'aucune croyance, d'aucun karma, d'aucune religion, d'aucun pays. J'ai exprimé, dès le début de ma venue, que j'essaierai (le plus possible) de sortir de tout contexte de société, de toute notion historique. Je m'applique à cela et cela est fondamental. Les temps que vous vivez, comme vous le savez, sont particuliers. Ils appellent de vous une notion de dépouillement, de ne pas adhérer à quoi que ce soit qui n'est pas vécu. Et il convient même de dépasser ce qui est vécu, une fois que cela a été vécu, c'est-à-dire dépasser l'expérience elle-même par le principe de réfutation. Bien sûr, l'ego et la personnalité vont toujours vous dire que cela ne sert à rien. Et c'est logique. Et c'est normal. Mais vous n'avez, strictement, aucun autre moyen que de réaliser cela par l'enquête, par la réfutation. Il n'y a pas d'autre moyen de se libérer du connu. Le processus Vibratoire concerne la conscience (cela vous le savez aussi) puisque la conscience est Vibration. Selon la gamme où s'exprime cette Vibration elle est soit connue et alors vous êtes dans la conscience du je. Soit les Vibrations apparaissent dans le corps (quels que soient les points de pénétration) et beaucoup vous ont été donnés : chakras, Portes, Étoiles, Kundalini, Onde de Vie. Cette pénétration va induire un élargissement de la conscience appelant cela : l'Éveil, la Réalisation, l'Accès à la supra-conscience. Mais même ceci n'est pas Absolu. L'Absolu est bien plus large (si je peux exprimer ainsi) que tout ce qui peut être perçu, que tout ce qui peut être ressenti. Cela est bien plus vaste que la conscience. C'est une délocalisation totale de votre conscience qui n'est plus assujettie aux lois de ce monde, tout en maintenant la forme, tout en maintenant vos vies.

Mais le principe de la réfutation (qui peut vous sembler, au niveau de l'ego, comme un exercice simpliste ou un exercice mental) est le mécanisme le plus simple, visant à shunter toutes les strates intermédiaires de l'oignon, vous permettant d'avoir la vision globale, au-delà de tout ce qui peut être vu et au-delà de toute conscience. Il faut concevoir (et vivre) que la conscience s'exprime sur une palette de Vibrations : celle de la personnalité, celle du Soi et celle de la Présence Ultime et Infinie. Que l'Absolu englobe tout cela, présent sur ce monde, présent dans les Dimensions, englobant l'ensemble de tout cela et même La Source.

Quand les Archanges vous ont dit qu'Ils étaient à l'Intérieur de vous, cela n'est pas une vue de l'esprit, cela n'est pas une projection, mais bien la stricte Vérité de l'Absolu que vous Êtes. Vous devez accepter de mourir à vous-même, afin de renaître. Encore une fois, il n'y a pas de passage entre le Soi et l'Absolu, il n'y a pas de passage entre le je et l'Absolu. Il y a, effectivement, une Porte Étroite qui est, elle aussi, en quelque sorte, des fondations, des éléments d'appui, au même titre que l'Onde de Vie. Mais faut-il encore que vous acceptiez de vous perdre et de disparaître. Chose que ne peut accepter aucunement le je et le Soi. Mais c'est un passage que je qualifierais d'obligé. Il n'y en a pas d'autre. Et ce passage (le mot n'est pas indiqué parce que ce n'est pas un passage), c'est justement l'Abandon de tout ce qui est éphémère, de tout ce qui est connu, qui vous ouvre, si l'on peut dire, cet accès à l'Inconnu, qui n'est pas un accès. La meilleure expression que nous ayons trouvée est, effectivement, cette notion de point de vue ou de regard. D'où regardez-vous ? Êtes-vous sur scène en train de jouer ? Êtes-vous dans la salle en train de regarder le spectacle ? Ou êtes-vous en-dehors du théâtre ? Tant que vous jouez, vous ne pouvez être en dehors. Mais quand vous êtes en dehors, vous prenez conscience, si l'on peut dire, à travers la projection de la conscience elle-même, qu'il existe un spectateur ou observateur et qu'il existe un acteur. Mais vous n'êtes identifié, de manière formelle, ni à l'acteur, ni à l'observateur, ni à quoi que ce soit comme élément existant dans le théâtre. Vous êtes l'ensemble de tout ce qui est perçu, comme de tout ce qui n'est pas perçu.

Question : qu'en est-il de la colère et de l'énervement qui traversent encore ce corps et cette personnalité ?
Qu'entends-tu par « qu'en est-il » ? Souhaites-tu une explication logique et rationnelle du pourquoi cela existe ? En quoi cela concerne t-il l'Absolu? Ceci est typiquement le genre de connaissance qui ne t'est d'aucune utilité, aussi bien pour le Soi que pour l'Absolu. Les lois de l'action / réaction ne concernent que ce sac de nourriture et ce sac de pensées. Tant que tu es en réaction par rapport à cela, tant que tu es en besoin de compréhension de cela, tu restes enfermée dans ce qui, justement, te dérange. Il y a, là aussi, cette notion d'identification à ce corps, à ces pensées et à cette vie. La colère, dans ton cas, résulte effectivement de l'enfermement. L'enfermement se manifeste par la colère, le plus souvent. Mais la colère ne résout rien, comme la peur, l'un et l'autre, dont les directions sont opposées au niveau de la conscience : la colère élève, la peur abaisse. Mais, dans un cas comme dans l'autre, ni la colère, ni la peur, ne permettent d'échapper à la condition de la conscience fragmentaire. Ainsi donc, ton regard qui se porte, au travers de cette question, sur le besoin de comprendre, ou d'expliquer, ou de donner du sens à ce qui traverse ce corps et cette personnalité, ne te sera d'aucun secours, concernant le Soi comme l'Absolu. Tant qu'il existe un besoin de compréhension, tu te situes toi-même, au sein de la conscience, dans l'action / réaction. Aucune action, ni aucune réaction, ne peut rompre le cercle vicieux. Parce qu'à ce moment-là, tu restes au sein de l'acteur, tu restes sur la scène de théâtre, et tu ne sais même pas qu'il existe un théâtre. Tu es tellement investie dans le rôle de l'acteur que cela est, pour toi, la seule réalité. Même si tu sais, quelque part, qu'il y a autre chose, tu n'en as ni la perception, ni la conscience, ni la possibilité d'en sortir, tant que ton point de vue n'a pas changé.

Tu peux obtenir toutes les réponses, et l'exemple de la science, telle que vous la connaissez, aujourd'hui, sur Terre, vous en donne la magnifique illustration : vous connaissez le fonctionnement de l'atome, vous connaissez le fonctionnement de la cellule, et alors ? Est-ce que cela donne la réponse à : qui suis-je ? Tant que tu es identifiée à des cellules, cela peut suffire. Tant que tu es identifiée à ta psychologie humaine, cela peut suffire. Mais cela ne nourrira jamais autre chose que l'action / réaction. Tu maintiendras, de façon longue, durable, l'éphémère, à travers une succession d'éphémères, parfois de plus en plus douloureux, parfois légers, mais qui, en définitive et en résultante, ne changent absolument rien à ta condition et à ton enfermement. Comprendre comment fonctionne la prison, ne permet pas de sortir de la prison. Comprendre tous les actes de toutes les pièces de théâtre, ne permet pas de sortir du théâtre, ne permet même pas d'identifier le théâtre. D'autant plus que la conscience, qui est limitée par le principe d'amputation, d'isolement, et d'enfermement, va, en quelque sorte, au fur et à mesure des incarnations et des expériences, se satisfaire de cette limitation, le plus souvent. Te donnant à vivre, au sein de cette frustration (car c'en est une), des éléments pacifiant, à travers ce qui est nommé la profession, à travers ce qui est nommé l'affection, à travers ce qui est nommé le social. Mais jamais une profession, jamais une relation, jamais une société, ne pourra répondre, à ta place, à ce que tu Es. Il n'y a que ta propre enquête, au-delà de toute connaissance, au-delà de toute adhésion à un rite ou à un dogme, qui te permettra de retrouver le fil de la Liberté.

La colère, comme la peur, ne sont que les conséquences de la perte de ce que vous Êtes, apparente. Cette perte n'est liée qu'à votre point de vue. Ce point de vue qui, je vous le rappelle, est lié aussi bien à l'éducation, qu'aux dogmes, qu'aux religions, qu'à la société, qu'à tout ce à quoi vous avez adhéré sans en faire l'expérience, sans en avoir la validation Intérieure. Tout ce que vous acceptez comme règle établie, sans l'avoir éprouvé par l'expérience ou le vécu, ne fait que renforcer l'enfermement, de manière systématique. La colère est une émotion. Toute émotion est inscrite dans l'action / réaction, aucune émotion ne peut échapper à cette règle : c'est même la définition d'une émotion. C'est pour cela qu'au sein de certains systèmes traditionnels, éprouvés (que cela soit en Orient comme en Occident), il a été fait une large place à tout ce qui est émotionnel, à tout ce qui est mental, comme élément freinant, ou rajoutant des voiles à l'enfermement et à l'isolement. Aucune émotion n'est libératrice. Aucune activité mentale ne peut vous libérer. Aucun dogme et aucune croyance ne peut vous libérer. Il faut, encore une fois, là, ici, aussi, vous affranchir de toute croyance, vous affranchir de toute certitude, et aller vers cet Inconnu, en vous débarrassant de tout ce qui est connu. Alors, bien sûr, pour l'ego, cela est un drame. Et pour le Soi, cela est aussi un drame. Parce qu'il y a, effectivement, un Passage du je au Soi, de la conscience fragmentaire à la Conscience élargie, qui a été conquis, si l'on peut dire ainsi. Alors qu'il ne peut y avoir de conquête de ce que vous Êtes, en Vérité, c'est-à-dire Absolu.

Question : il y a une partie de moi qui ne comprend pas réellement ce qu'est la réfutation, pourquoi ce blocage ?
Qui a dit que tu devais comprendre la réfutation ? Tu dois l'appliquer. Est-ce que tu comprends comment tu marches ? Est-ce que tu sais quels sont les muscles qui sont mis en œuvre, quels sont les nerfs qui sont mis en œuvre ? Et pourtant, tu marches. Tant qu'il y a volonté de comprendre, tu ne peux avancer, tu restes sur place, immobile dans l'ego. La réfutation n'a pas à être comprise, elle a à être pratiquée. Cela est bien au-delà d'une croyance et d'une explication. Réfuter consiste à affirmer que rien de ce qui est limité, que rien de ce qui est connu, ne peut être la Vérité. Rien de plus et rien de moins. Si tu commences à rentrer dans le besoin de comprendre, réfléchis : qui veut comprendre, si ce n'est le je ? Parce que comprendre, c'est prendre. Or là, il s'agit de restituer, c'est exactement l'inverse. Tout ce que vous appelez connaissance n'est qu'ignorance. Tout ce que vous appelez compréhension est un obstacle, parce que la compréhension fait appel à quoi ? Au mental. Or, justement, l'élément le plus freinant est le mental. Donc, nourrir le mental, à travers une logique, une raison, une explication, t'enferme encore plus dans l'action / réaction. Ne cherche pas à comprendre. Comme je l'ai dit à d'autres reprises, moins tu comprendras, plus tu y arriveras. Parce que, en définitive, c'est toujours l'ego qui veut comprendre, qui veut s'approprier, qui a besoin d'une logique qui lui est propre. Tant qu'il y a cela, tu retardes l'enquête. Cela est suggéré par l'ego, bien évidemment, parce que cette réfutation et cette enquête, le mental sait pertinemment que cela signe son arrêt de mort, et cela, il n'en veut pas. Donc, ne donne pas de poids à ce genre d'interrogation, débarrasse-t'en, au plus vite. Réfuter n'est pas comprendre, justement, c'est exactement l'inverse. C'est une gymnastique, tu peux l'appeler mentale, si tu veux, bien que cela aille largement au-delà de cela. Mais cette enquête et cette réfutation est, très précisément, ce qui va rompre le cercle vicieux. Ce genre de question, pour tout Frère et Sœur, ne fait que traduire l'activité du mental qui, de par lui-même, ne cherche qu'une chose : comprendre et prendre. Or, nous ne sommes pas dans ce processus. La réfutation n'a pas à être comprise, elle a à être appliquée. De la même façon que l'enquête a à être menée, elle n'a pas à être expliquée. Le mental, à travers la question que tu poses, essaye de complexifier ce qui est simple. Ne plus nourrir le mental, c'est réfuter tout ce qui vient de lui, tout ce qui est inscrit dans l'éphémère.

Question : après avoir pratiqué la réfutation, je n'y arrive plus. En fait, vivre le Soi ou l'Absolu, je m'en fiche. Je m'abandonne à la vie, à l'instant présent. Est-ce la personnalité qui refuse de lâcher, ou bien est-ce un réel Abandon ?
Il n'y a que toi qui peux avoir la réponse. Celui qui est Absolu le sait instantanément, il ne peut exister aucun doute, aucune interrogation. Cela est bien au-delà de la personnalité, cela est bien au-delà de la certitude et de l'expérience. Une fois l'enquête menée, une fois la réfutation conduite, s'il n'y a plus rien à réfuter, que veux-tu réfuter ? Au-delà de la conscience, ce que tu Es, une fois la réfutation et l'enquête menées, te laisse Être ce que tu Es. Si donc la réfutation et l'enquête ont été menées, et accomplies, tu Es Absolu. Mais à condition que tu le saches toi-même. Aucune réponse ne peut être apportée de l'extérieur. Seul toi sais ce que tu Es, au-delà de la conscience. Il vous a été dit qu'au sein du Soi, et de l'instant présent (de la vie, comme tu dis), la vie se déroule selon des lois, liées au Je Suis, nommées Action de Grâce. Là où se manifeste l'Unité, la Fluidité, la facilité. Au sein de cette facilité, aucune activité mentale, aucune activité émotionnelle, aucun stress, aucun évènement de la vie, ne peut altérer ce que tu Es. Et là, tu sais, pertinemment, que tu Es Absolu. Quelle que soit ta vie, tu es conscient que tu n'es pas seulement cela, mais que tu Es bien plus que cela. La vie se manifeste alors sans résistance, sans opposition, sans contrainte, sans mental qui te domine, et sans émotion qui te domine. Mais tant qu'il existe le sens d'une question à l'Intérieur de toi, bien sûr, l'Absolu ne peut être ce que tu Es. L'Abandon du Soi, comme l'Abandon à la Lumière, se réalise et te donne à vivre l'absence d'interrogation. Si ta vie, alors, se déroule ainsi, dans la plus grande des facilités, cela est un témoin.

Mais, encore une fois, celui qui est Absolu le sait. Non pas comme une possibilité, non pas comme quelque chose dont il se doute, mais bien comme une évidence de chaque minute, de chaque nuit, de chaque souffle. Parce qu'à ce moment-là, tu n'es plus enfermé dans un corps, tu n'es plus enfermé dans une société, tu n'es plus enfermé dans un monde, tu Es Amour. Et cela est vécu pleinement, au-delà de toute Vibration, au-delà de tout évènement, au-delà de tout traumatisme, comme de toute Joie. Cette Permanence, cette Immanence, est la réalité qui est vécue en l'Absolu. La forme, cet Absolu avec forme, cette forme, ne peut être aucunement un facteur limitant, contrairement à ce qui est vécu dans le je ou dans le Soi. Et cela est vécu clairement, de manière authentique. De la même façon que tu peux marcher, tu sais que tu marches sans avoir besoin de porter ta conscience sur la marche. Il en est de même pour Absolu, pour cet Ultime.

Une fois que l'enquête et la réfutation ont été menées, il y a, effectivement, un instant donné où celle-ci ne peut plus être poursuivie. Il n'y a que toi qui peux savoir si tout a été accompli, à ce niveau-là. L'Absolu n'a pas de question : il Est. Et il est indépendant de la forme, même dans l'Absolu avec forme. Il est indépendant de ce que vit ce corps. Il est indépendant de toute notion de mémoire ou d'histoire. Il n'existe aucune contingence, aucune limite. La conscience est, à la fois, ce corps, comme dans toute autre projection, comme dans l'absence de projection.

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